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Vous y pensez depuis longtemps et l'idée fait son chemin jusqu'à devenir une sorte d'évidence : vous voulez devenir votre "propre patron". Avant toute chose, je vous félicite de prendre votre destin en main et vous encourage à vous lancer :) Sortir de sa zone de confort (salariat vs entreprenariat) n'a rien d'une sinécure et pourtant si votre projet est muri et réfléchi, il a de grandes chances de réussir. Pour devenir indépendant, sachez qu'il existe des formations et des accompagnements dispensés par différentes structures qui vous aideront à y voir plus clair sur la gestion, sur le marketing, sur les aspects juridiques, etc. Seulement, il existe un point sur lequel vous ne serez pas "formé", c'est la prise de décision.

En étant salarié, vous n'avez pas à vous soucier du budget d'un dossier, de son intérêt professionnel et encore moins des aspects relationnels avec le client final. En devenant indépendant, il va falloir analyser ces questions pour apprendre à y répondre. Car ce sont précisément ces 3 aspects que je viens de vous citer qu'il vous faudra systématiquement soupeser à chaque nouveau dossier pour savoir si "oui ou non, vous acceptez cette mission".

Dois-je accepter ce dossier ?

Chouette, un nouveau client !

Félicitations, vous avez été contacté par un nouveau client qui souhaite vous confier une mission dans vos cordes. Au risque de passer pour le grincheux de service, je voudrais savoir si vous vous êtes posé les bonnes questions avant d'accepter ce dossier !

Lorsque l'on débute en tant qu'indépendant ou que la période est un peu moins faste niveau business, on n'a pas forcément la lucidité et le luxe d'être sélectif et exigeant. Au contraire, on peut même être tenté d'accepter ce qu'aucun autre professionnel ne prendrait (et à juste titre). Dans cette configuration, quels sont les risques pour vous ?

  • vous acceptez un dossier tellement chronophage que vous n'aurez pas l'agenda disponible pour dire "oui" au prochain beau projet qui se présentera,
  • vous acceptez la mort dans l'âme le énième dossier au budget rikiki que vous essayerez d'expédier au plus vite,
  • vous vous retrouvez empêtré avec un client insupportable, indécis, etc qui vous rendra la vie impossible,

Qu'aurez-vous gagné et appris au final ?

Toutes ces situations existent dans la "vraie vie" ! Ici, la bonne réflexion à avoir est "Comment puis-je éviter ces situations pour vivre ma vie d'indépendant le plus sereinement possible ?

Avant de commencer, il faut retenir qu'un dossier est composé de 3 éléments précis :

  • le client
  • le projet
  • le budget

Vous devez intégrer ces éléments en amont dans votre réflexion pour savoir si "oui ou non, vous acceptez cette mission". En effet, on n'accepte pas de travailler sur un dossier uniquement sur le seul critère financier, parce que c'est un bon copain ou encore parce que "c'est sympa comme projet". C'est même la pire erreur à commettre.

 

Dois-je accepter cette mission ?

A partir du triptyque "client - projet - budget", il est facile de déterminer quels types de dossiers accepter (et lesquels refuser). En fait, l'équation est même très simple : il faut réunir au minimum 2 des 3 éléments pour accepter un dossier. Voyons les différents cas de figure qui peuvent se présenter.

Client sympa et projet sympa

Ici, vous devrez faire des concessions sur votre tarif si vous décidez d'accepter ce dossier. Ce peut être le cas d'une amie qui souhaite faire appel à vos compétences et à votre engagement citoyen pour son ONG (Organisation Non Gouvernementale), par exemple. Dans ce cas précis, vous devrez considérer une partie de votre travail comme une forme de soutien à la cause humanitaire de votre amie.

Client sympa et budget sympa

Même si le type de projet du client n'est pas vraiment votre tasse de thé au départ, s'il/elle est très sympa et qu'il/elle dispose de fonds suffisant vous permettant de le mener à bien, vous serez sans doute plus enclin à accepter d'y participer si au minimum ces deux conditions sont réunies. Ici, une bonne relation avec le/la client/e permet de trouver la motivation suffisante pour travailler et réaliser son dossier.

Budget sympa et projet sympa

Dans cette troisième configuration, c'est le/la client/e qui pose problème. C'est par exemple le cas d'une personnalité que l'on qualifiera sobrement de "compliquée". Vous ne devrez accepter de travailler avec lui/elle qu'à la seule condition qu'il dispose d'un projet vraiment motivant et de fonds suffisants pour le réaliser. Limiter au maximum les contacts avec lui/elle est la solution pour tenir le coup sur la durée du projet.

Le Graal existe, je l'ai rencontré

Un/e client/e très sympa qui dispose d'un budget qui permet de s'éclater sur un projet enthousiasmant, qui n'en n'a jamais rêvé ? Aussi étonnant que cela puisse paraitre, cela existe ! Mais si vous prenez les dossiers dont personne ne veut, il y a très peu de chance que vous ayez la disponibilité pour tomber sur le Graal !

Et sinon ?

Si le dossier pour lequel vous êtes sollicité ne réunit qu'une seule des trois données de l'équation, vous devez le refuser. En effet, même si vous devez faire "bouillir la marmite", rien ne justifie d'accepter un dossier qui va vous empoisonner l'existence durant des semaines (voire des mois) pour ne rien gagner et apprendre. Vous risquez même de ternir votre réputation et votre image de marque.

De mon point de vue, il est infiniment plus judicieux de décliner ce "cadeau empoisonné" et de garder de la disponibilité pour un dossier qui en vaut réellement la peine. Vous pouvez également profiter de cette période pour vous former sur un nouveau logiciel, pour écrire sur votre blog, etc.

Dois-je accepter ce dossier ?

Conclusion

Prenez 2 minutes de réflexion et demandez-vous si vous avez déjà eu des dossiers "compliqués" à gérer, les accepteriez-vous aujourd'hui à la lecture de ce billet ? Probablement pas ;)

"NON" est sans doute un des mots les plus difficiles à prononcer. Pourtant, vous verrez que le client qui tentait de vous faire accepter l'inacceptable, n'insistera pas longtemps devant votre refus. Choisir d'être indépendant ne signifie surtout pas être taillable et corvéable à merci. Laissez ça à vos confrères qui n'ont pas eu la chance de lire cet article et qui continueront à accepter tout et n'importe quoi :) Vous aurez alors tout le loisir de vous éclater dans votre activité professionnelle.

 

Merci à Bérangère de webulous.fr pour sa discussion, sa disponibilité et son expérience qui m'ont insipré ce billet.


 

A PROPOS DE L'AUTEUR :
Webmaster freelance passionné par Joomla depuis 2007, Daniel défend la veuve et l'orphelin du web en créant des sites respectueux du W3C. Fort d'une expérience de plusieurs années, il partage ses connaissances avec les néophytes aussi bien qu'avec les personnes plus expérimentées.

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  • C'est lorsque j'ai dit non à mes clients habituels que mon CA et la qualité de mes projets a augmenté. À chaque fois. Et même si ça fait 10 ans que je suis mon propre patron, sortir du train-train, replonger dans l'inconnu (effrayant mais grisant) est toujours quelque chose de difficile. Mais, on s'y habitue et on se dit que c'était évident (une fois qu'on l'a fait).
    PS : c'est quand même mieux de le faire quand on a un peu de tréso de côté en attendant de voir venir les bons projets. Sinon, ça s'appelle jouer avec le feu...

    Dernière édition du commentaire il y a environ 1 an par Daniel
  • Bonjour Christophe,

    Merci pour ton message.
    En effet, sortir de sa zone de confort n'est pas un exercice facile à réaliser, même après quelques années d'expérience en la matière ou en tant que freelance. C'est pourtant ce qui permet de se dépasser et d'atteindre d'autres niveaux.
    Mais cela n'implique pas, comme tu le souligne très justement, qu'il faille jouer avec le feu. Bien au contraire. Remettre en question les projets que l'on accepte et les clients avec qui on travaille habituellement, suppose d'être en situation favorable pour le faire.

    Si tu as des exemples ou des conseils en la matière, n'hésites pas à les partager :)

  • Bonjour

    Ahhhhh excellent article qui résume très bien ce que le freelance peut rencontrer comme typologie de projets/prospects !

    De mon expérience passée, deux cas m'ont particulièrement marqué (au point que j'en ai à l'époque arrêté mon activité) :
    - une cliente qui avait un budget "conséquent", mais qui ne savait pas réellement ce qu'elle voulait et qui arrivée à la moitié du projet, a désiré finalement arrêter (si je vous dis qu'elle m'a sorti "je suis surveillée par la DGSE je n'ai pas le choix !" vous comprendrez un peu comment elle était mdr) ; bilan : 30% du projet payé, et le reste dans le c.. cause CGV pas assez bordées à l'époque (on apprend en se faisant b.. hein)
    - un client complètement barge lui aussi, à la base pour une presta d'optimisation technique sur un e-commerce... 2 mois, +1700 mails (!!!) et des heures au téléphone pour finalement refuser de payer et proférer des menaces de tribunaux parce que (je cite) "le sitemap n'est pas dans l'ordre des pages du site" (si si, son cousin qui était stagiaire dans une grosse boîte de réf. lui avait certifié que c'était indispensable !!!)

    On apprend de ses erreurs, et la première chose à faire c'est bien de savoir dire NON. Et ça fonctionne également en tant que salarié ;-)

    La seconde, c'est de se couvrir le plus possible, de border juridiquement et d'être très procédurier, ne plus rien laisser passer.

    Dernière édition du commentaire il y a environ 1 an par Daniel
  • Bonjour Cédric,

    Eh oui, des exemples de clients un peu barrés, on en a tous je crois ! Cela rejoint la description du client toxique qu'il faut savoir reconnaitre pour le gérer. A défaut, la collaboration vire rapidement au cauchemar. Erreur dé débutant que nous avons tous fait, je crois ;)

    Comme tu le précises très justement, une excellente rédaction des CGV permet également de limiter les risques et les dommages collatéraux d'un dossier que l'on aurait peut-être pas dû accepter.

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